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Edito Décembre 2015 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales
« Le rôle de l’Enseignement Supérieur est de garantir l’accès et la réussite de tous, non la gratuité pour tous »
Laurent BIGORGNE, Directeur de l’Institut Montaigne
« On doit faire confiance au choix de l’élève, ce qui garantit la réussite à l’Université, c’est la volonté de l’élève de suivre un parcours en particulier »
Nadia VALLAUD BELKACEM, Ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur

C’est le portail Admission post Bac (APB) depuis 2009 qui décide de l’affectation dans le Supérieur de près de 600 000 lycéens chaque année à l’exception de certaines inscriptions qui se font après concours comme infirmier, travailleur social…
En 2015, 62% des candidats avaient obtenu leur vœu 1 à l’issue des trois phases d’admission de la procédure normale.
Mieux adapter l’offre et la demande ou encore procéder par discrimination positive pour les bacheliers professionnels et technologiques sont quelques enjeux du débat comme la place de l’Etat dans la politique éducative ou encore le coût des études dans un contexte où l’autonomie est souvent synonyme de privatisation !
La démocratisation de l’Enseignement Supérieur n’a pas le même sens pour tous, elle reste un défi quand on analyse les réussites des enfants d’ouvriers ou de cadres supérieurs, quand on constate chaque année le taux d’abandon et surtout d’échec dans les facultés, quand on s’interroge sur les choix des lycéens en classes terminales…

APB démontre une fois de plus en cette année 2015 le déséquilibre entre les formations universitaires suivies et leurs débouchés ou encore attentes économiques, ainsi en septembre plus de la moitié des néo étudiants avaient optés pour quatre filières : Paces, Droit, Staps et Psychologie, sachant par exemple que le taux d’échec est d’environ 80% à l’issue du concours de fin de Paces et que les doyens réunis début décembre à Paris préconisent des réorientations dès le mois d’octobre !
Cette tension dans les amphithéâtres conduit selon les responsables de l’Université à l’obligation de tirages au sort, à une dégradation des conditions de travail mais aussi au constat que la première année de faculté est devenu un troisième stade de l’enseignement secondaire où pour certains il faut réapprendre à écrire … la tentation est ici clairement affichée, il faut sélectionner en classe terminale ou sous entendu par d’autres pratiquer des droits d’inscription pour faire « fuir » le plus grand nombre ou encore rejoindre d’autres pays européens ou anglo-saxons où l’emprunt ou la fortune familiale financent les études !

APB démontre une fois de plus en cette année 2015 le déséquilibre entre l’offre des formations « courtes » et la demande de départ qui peut exploser pour certains BTS ou DUT, notamment du tertiaire.
A titre d’exemple en mai 2014, 41 152 candidatures avaient été formulées pour le BTS SP3S après la fermeture du portail le 20 mars mais seulement 15 3686 validées dont 4 094 vœux 1 validés, les chiffres pour le BTS ESF étaient successivement de 51 828, 20 261 dont 5 136 vœux 1 validés.
Ce rapport est devenu particulièrement essentiel avec l’arrivée massive des bacheliers professionnels qui entendent poursuivre dans le Supérieur (20 000 en 2000 et 100 000 aujourd’hui) et la préconisation depuis 2013 d’appliquer des quotas en STS et IUT. A la rentrée 2016, ces derniers devront être rendus obligatoires, la période de stage en entreprise renforcée et un accompagnement personnalisé de ces bacheliers offert sans oublier l’ouverture d’autres sections.
En 2014, un bachelier professionnel sur cinq qui avait demandé une STS a obtenu une place alors qu’à la rentrée on comptait 21% de places vides en STS.
La situation est la même pour les bacheliers technologiques ST2S en STS et en IUT sachant que les formations proposées se réduisent à quelques BTS et à très peu de DUT, ainsi le portail APB annonce pour 2016, 102 sections publiques et privées en ESF, 116 en SP3S, 34 en ABM et 6 en carrières sociales, option assistant social !
Le choix de l’Université est souvent celui par défaut face à des projets contrariés même si pour certains l’Université est un parcours possible qu’il ne faut pas décourager.

APB démontre ainsi ses faiblesses à plusieurs niveaux mais n’est que le révélateur d’une orientation complexe que des politiques ou encore des entrepreneurs, des praticiens de l’éducatif imaginent résoudre par le tri ou encore un apprentissage généralisé sans souligner pour quels métiers et quels maîtres de stage !
En attendant, le Ministère entend mettre en place dès 2016 un examen des capacités des filières en tension et surtout à titre expérimental l’installation d’une commission académique d’orientation post secondaire qui proposera une alternative garantie au jeune à l’issue des phases de la procédure normale.
Les lycéens seront informés au préalable des taux de réussite de la filière espérée ainsi que les débouchés envisageables, pour la ministre, il faut aussi aider les jeunes à dédramatiser lorsqu’ils n’obtiennent pas leur vœu 1 et les inciter à réfléchir très en amont à des plans B, C et D. Un projet de Mooc pour apprendre à se servir d’APB est également en cours.
Tout candidat aura l’obligation de choisir au moins une filière « libre », ni sélective, ni à capacité limitée sur APB.
Les professeurs auront désormais accès aux listes de vœux de leurs élèves pour les aider à coordonner leur profil aux filières sélectionnées.