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Coaching ou Conseil
d’orientation au lycée ?

Edito Février 2016 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

Le conseil d’orientation est-il devenu dépassé, inefficace, d’un autre temps comme ses organisations, ses acteurs ?
N’est-il pas responsable des inégalités observées dans les parcours scolaires, n’est-il pas impuissant pour répondre aux hésitations, aux choix erratiques, aux décisions « touristiques » des élèves de terminale aux seules motivations par exemple d’assouvir un rêve comme devenir médecin ou de bénéficier d’une carte d’étudiant lui offrant des réductions au cinéma ou en boîte de nuit !
Le conseil d’orientation n’est-il pas complice d’une stratégie de reproduction sociale, d’un « tri » présumé sous la pression de certaines familles  ou au contraire de leur absence, de leur méconnaissance des enjeux culturels ?

Les acteurs du conseil d’orientation au lycée ne sont pas les seuls conseillers d’orientation psychologues mais aussi les proviseurs, les professeurs principaux, les professeurs chargés des enseignements d’exploration en seconde ou encore ceux concernés par l’accompagnement personnalisé pendant le cycle terminal ; cette confusion des rôles, cette démultiplication des moments d’information, cette répétition de messages, d’avertissements, ce grand nombre d’outils n’ont-ils pas comme conséquence auprès de l’élève une lassitude ou tout au moins une surdité ?

Dès la classe de seconde, l’orientation est l’enjeu de la fin d’année pour une guidance vers une filière générale, technologique ou professionnelle et la situation se rejoue en classe terminale avec une démultiplication des invitations pour fréquenter les forums, salons, portes ouvertes sans omettre les publications, les sites internet et l’inévitable portail APB, sésame bureaucratique  pour accéder au niveau supérieur de la connaissance et de la fortune espérée !

Si le « formatage » de certains profils est déjà bien une réalité pour conduire certains vers les classes préparatoires ou le PACES, une majorité de ces futurs étudiants traversent à grandes enjambées les allées de leur devenir supposé  animé par des anciens alors que leur seul intérêt pour certains est de s’emparer de gadgets publicitaires ou de participer à des tirages au sort proposés par une mutuelle étudiante qui confond protection sociale et stand publicitaire !

Cet «acharnement » est-il une simple nécessité pour se rassurer entre adultes ou pour démontrer que le système éducatif développe des dispositifs nombreux pour faciliter le passage vers des études supérieures alors qu’aucun expert ne peut dire ce que sera demain, que le chômage structurel ne cesse de relativiser les ambitions et que le seul flux significatif est devant les stands de la police, de la gendarmerie ou de l’armée !
Le conseil n’a plus de prise sur la réalité socio économique, son discours est obsolète !

C’est pour exorciser ces angoisses, redonner du sens à cette transition sociale, répondre aux inquiétudes des familles qu’intervient le coaching !
C’est le coach qui est l’expert habilité à diagnostiquer le potentiel du sujet, ses envies, dessiner ses compétences et capacités imaginer son futur en s’appuyant sur son profil !
Il est le seul à pouvoir entrer dans l’intimité du lycéen, à lui prédire son « horoscope professionnel » grâce à ses tests de personnalité découverts outre atlantique dans les années 1950 ou encore à lui promettre de gérer son stress, de se connaître…

Le coach est disponible le soir, le weekend, pendant les vacances quand le service public est fermé ou absent, en vacances !
Le coach est aussi un confident qui réconforte les parents, les libère de leurs obligations tout en leur promettant une réussite  sociale au moins équivalente à la leur,  afin de ne pas ternir la filiation !
Le coach ne ressemble pas à l’enseignant, il n’a pas les mêmes codes, les mêmes usages, le coach vient d’un milieu professionnel où il faut se battre, celui de l’entreprise, le coach est un ancien manager, un ancien commercial, c’est un développeur, cela rassure !

Le coach a une box avec toutes les réponses possibles, il va jusqu’à prendre en charge les contraintes administratives d’une inscription, il sait quoi mettre pour convaincre les jurys.
Le coach a un réseau, il est intime avec les décideurs, les responsables d’instituts, ceux qui pèsent sur le marché de l’Education, des campus !

Le coach se fait payer ou plutôt indemniser entre 300 et 1 000 € les 5 séances et c’est peut être là l’argument décisif, la gratuité n’est pas un indicateur de qualité, et puis il fera faire aussi des économies aux parents en leur évitant de payer le coût d’un redoublement ou encore d’une réorientation ! C’est garanti, l’élève ne sera plus un zappeur, il aura trouvé sa destinée et n’en changera pas !

Entre le Conseiller et le Coach, il n’y a pas à hésiter !