Santé et Société

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La santé connectée : big marché
et… big question !

Edito juin 2015 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

La santé connectée, comme dans d’autres domaines (éducation, économie…), est désormais dans notre quotidien, pour s’assurer des paramètres de notre corps, à défaut de notre esprit, même si les travaux sur le cerveau sont également porteurs  de promesses dans l’exploration de notre inconscient.

Ainsi, selon l’Ordre des médecins, le volume des applications mobiles santé est passé  de 6 000 en 2010 à 100 000 en 2013 dans le monde. Aujourd’hui, 7 millions d’internautes français s’informeraient sur la santé.
La santé connectée regroupe  des objets comme la balance électronique, le bracelet, la montre, la brosse à dents, mais aussi des applications téléchargées sur smartphone. Le marché dépassait 5 milliards de dollars en 2014 et devrait se monter à 26 milliards en 2017.

Le big marché accompagne et encourage une médecine personnalisée et prédictive qui anticipe l’apparition de maladies, démultiplie les paramètres biologiques pour repérer, par exemple, la présence de cellules cancéreuses dans le sang.

Le big marché s’appuie sur notre désir d’éternité, un peu comme si la métrologie de l’humain offrait une qualité de vie grâce à la recherche désespérée de la norme, d’un thermomètre qui ne franchit jamais la zone rouge !
Le big marché est particulièrement avide de données de santé. Ces dernières deviennent autant d’informations précieuses pour alimenter, à notre insu ou consciemment, un big data pouvant aider la prévention.

Fini les enquêtes épidémiologiques longitudinales ou verticales. Fini les cohortes. Bienvenue aux millions d’informations reçues au quotidien qui vont enfin donner du sens aux déterminants de santé, aux facteurs de risque…

Fini les examens ponctuels et souvent aléatoires. Bienvenue au suivi quotidien de l’hypertension, de la fréquence cardiaque, du taux de lipides, du nombre de pas au cours d’une journée, ou encore du nombre ou de la qualité des aliments consommés, sans omettre le taux d’alcoolémie et l’addiction au chocolat !
Ne sommes-nous pas responsable de notre santé, et par conséquent, de notre prime d’assurance !

Vient alors le temps de la big question ! Celle de la propriété de ces données, et surtout, de leur exploitation.

Alors que le contrôle public des corps a été perçu comme une dictature, hélas bien réelle et subie à certaines périodes de notre histoire, voici, avec la complicité de chacun, une violation de la vie privée consentie, l’acceptation d’un clone mondial, confié à des groupes privés sans dispositif juridique coercitif ou, à défaut, vigilent.

Si l’explosion des données permet pour certains de justifier les progrès de la recherche, de consolider notre bien-être, de nous aider à devenir un patient actif et positif, le big data et le big marché peuvent aussi participer au renforcement des discriminations, à privilégier le « winner » sur le « looser », l’homme sain sur le malade, le jeune sur le vieux, l’utile sur l’inutile social !

Telle est la big question !

En bref...
Brève
Plan étudiant pour la rentrée 2018 :

Présentation des mesures gouvernementales en date du 30 octobre 2017 :
http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/concertation/02/3/DP_plan_etudiants_web_839023.pdf