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Evaluer pour progresser, évoluer ou différencier ?
Edito Avril 2016 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales
L’évaluation n’est pas seulement une des compétences du référentiel professionnel des professeurs au même titre que l’apprentissage des savoirs et méthodes mais une attente sociale forte qui a besoin de repères pour classer, orienter, récompenser ou au contraire sanctionner.
L’évaluation est sommative, formative ou formatrice, elle est individuelle ou globale pour piloter un apprentissage ou un système.
Elle se confond souvent avec la notation sous toutes ses formes (compétences atteintes ou en cours d’acquisition, chiffres, lettres, couleurs…), un « verdict « qui débute en classe maternelle et qui se prolonge du primaire au secondaire et au-delà, dans le Supérieur.
L’évaluation associe de nombreux acteurs mais aussi spectateurs parfois impuissants devant le relevé de notes ou le livret de compétences comme les élèves, les familles et même les enseignants qui déplorent à chaque génération que le « niveau » baisse, que le travail n’est pas rendu, que les consignes ne sont pas respectées !
Afin de nourrir la réflexion, une série de questions ministérielles a été posée à un jury fin 2014 et des préconisations rendues en 2015 :
- Comment l’évaluation peut-elle être au service des apprentissages des élèves et participer à leurs progrès ?
- Comment rendre compte aux familles des progrès des élèves ?
- Quelle place et quelle forme de la notation dans l’évaluation des élèves ?
- Quels doivent être les moments de l’évaluation dans les parcours des élèves ?
- Comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?
C’est la première question qui retiendra l’attention des chercheurs, ainsi déclarent-ils que les performances atteintes par un élève dépendent de la façon dont lui est présenté le travail à faire ou encore que la mesure effective ou attribuée à une performance est sujette à des fluctuations importantes.
Ces deux biais se cumulent et doivent en priorité être connus des équipes pédagogiques qui les ignorent souvent.
Les pratiques pédagogiques ne se limitent-elles pas le plus souvent au contrôle noté faute de formation, de temps et parce qu’on imagine cette pratique comme la plus objective !
Les grilles de références, les livrets de suivi de cycle mis en place avec les socles communs, les référentiels n’ont pas toujours convaincus, ils semblent complexes pour les professeurs comme pour les familles, il en va de l’évaluation comme de la pédagogie différenciée, l’école pour tous, pas pour chacun !
Il est encore loin le moment d’une vision partagée dans un cadre national où les préconisations apparaissent comme autant d’abandons d’un système qui faisait ses preuves, ainsi sont dénoncés par beaucoup aujourd’hui la suppression des redoublements, la multiplication des contrôles en cours de formation, les trop excellents résultats aux examens !
La docimologie rassure certaines familles et en désespèrent d’autres, la note reste souvent un élément de la promotion sociale pour les classes moyennes mais surtout de l’excellence pour celles supérieures afin de dessiner ou de reproduire un parcours de réussite éducative et professionnelle, garant d’un Bien-être culturel et financier !
Après le Certificat d’étude dans les années 1950, le Brevet des collèges dans les années 1970, le Baccalauréat dans les années 1990, la licence ou encore le master désormais, l’opinion publique reste perplexe sur l’inflation des diplômes mais oublie souvent que le monde a évolué, que l’essentiel de l’évaluation est de former et certifier des capacités d’évolution, une résilience devant le changement.
Un apprentissage réussi n’est pas la connaissance du geste mais la possibilité d’en changer, de l’adapter à son environnement économique ou social !