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A propos de la réforme du Bac 2021 et du lycée 2019 :
La place des séries technologiques dans les réformes récentes : une filière discrète mais incontournable

Edito Mars 2018 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

L'enseignement secondaire français est issu de la loi du 11 floréal an X (1802) et des lois de 1808 et 1811 en prenant appui sur les initiatives de l'ancien Régime.
Conçu "comme un établissement d'excellence où sont formés les futurs élites de la nation, le lycée doit servir de référence aux autres écoles secondaires à l'initiative des municipalités ou des particuliers".
De lycée réservé à un nombre confidentiel, il est devenu tout au long des 19 et 20° siècle, un "lycée de masse" pour répondre aux besoins des familles et aux changements économiques et sociaux.
Au siècle dernier, en 1959 aux lycées d'enseignement général s'ajoutent les lycées techniques puis en 1976 ceux professionnels. Ces distinctions n'ont pas été sans poser le problème de l'égale dignité de ces formations !
L'enseignement technique prend forme avec les écoles nationales professionnelles (ENP) en 1887, les écoles pratiques de commerce et d'industrie (EPCI) en 1892, les centres de formation professionnelle et collèges techniques en 1943 puis les lycées techniques comme rappelé ci dessus qui regroupent collèges techniques et ENP.
Plus proche, c'est la loi de programmation de 1985 qui fixe le nouveau cadre et officialise la voie technologique.
Cette dernière représentait 28, 08% des admis au bac en 1995, 29, 58% en 2000, 26,19% en 2008 et 20% en 2017.
15, 7% d'une génération obtenait un baccalauréat technologique en 2017.

La filière technologique a toujours été impactée par les réformes des années 2000 qui portaient sur le lycée général et technologique, parfois à titre subsidiaire, indirect ou avec la volonté de mieux spécifier ces séries souvent en décalage concurrentiel entre celles générales et professionnelles.
Le discours sur le positionnement de cette filière lors des réformes du lycée comme en 2010 et actuellement laisse apparaitre une absence de politique claire ou tout au moins de l'embarras et un manque de priorité par rapport aux séries générales qui mobilisent toute l'attention de l'opinion publique et des acteurs du système éducatif.
Ainsi nombre de rapports comme celui Descoings en 2009 mettent à l'écart dans leurs propositions générales la voie technologique pour leur réserver une approche plus pragmatique, une rénovation discrète de ces séries.

Dans cette première vague de réformes des années 2010, des particularités se dégagent pour chaque série technologique et constituent un socle commun d'objectifs, ainsi peut-on lire en introduction des programmes plusieurs ambitions :
- une déprofessionnalisation de la formation
- une interdisciplinarité entre enseignements généraux et technologiques
- une transversalité des enseignements de la spécialité pour une polyvalence accrue
- une culture générale, scientifique et technique permettant une poursuite d'études supérieures
- des particularités pédagogiques
C'est ce dernier point qui retient principalement l'attention et explicité sous la forme de démarche technologique inductive où le projet technologique de l'élève doit permettre de "favoriser l'acquisition de concepts, l'autonomie, la prise d'initiative ou encore le travail d'équipe" (série STL).
Dans la série STI2D, on évoquera "l'équilibre entre abstraction et concrétisation, analyse et action, théorie et pratique" ou encore dans le document d'accompagnement des programmes de STSS en 2007 pour la série ST2S "de travaux pratiques s'appuyant sur des capacités d'observation, d'identification, de mise en relation conduisant à des choix argumentés"
Les activités interdisciplinaires, les activités technologiques ou encore le projet technologique seront autant d'opportunités pédagogiques pour valoriser cette démarche.

Dans la seconde vague de réformes des années 2018 à 2021, nombre d'inquiétudes ont resurgies sur l'avenir de la filière technologique alors qu'un seul bac était annoncé pour 2021.
Dans le rapport Mathiot publié en janvier 2018 le baccalauréat technologique actuel doit être réformé, "qu'il serait intéressant notamment pour lutter contre la stigmatisation qui frappe trop souvent les séries technologiques d'envisager une seule voie ou encore de construire des rapprochements disciplinaires pour mieux positionner la filière dans l'offre scolaire".
Dans le "lycée des possibles" de 2019, le souhait est au minimum de "trouver un nouveau point d'équilibre entre formations générales et technologiques".
Les décisions ministérielles prises en février 2018 mettent un nouveau terme aux inquiétudes pour ne pas dire de "conspiration" en déclarant la filière technologique maintenue en l'état avec ses séries et surtout sa spécificité forte rappelée dans le rapport cité ci dessus avec "ses formes particulières de pédagogie qui conviennent à une bonne partie des élèves et de leurs professeurs".
Chaque série proposera des enseignements commune mais gardera aussi ses enseignements spécifiques, par exemple en ST2S Biologie humaine et STSS.
Le projet d'arrêté relatif aux épreuve du Bac en mars 2018 va dans le même sens en reprenant les deux épreuves de spécialité, coefficient 16 chacune.

Il reste à s'interroger sur les programmes futurs, les horaires dédiés, les groupes à effectif réduit, les modalités d'accompagnement et le destin de certaines épreuves comme le projet technologique !

La filière technologique a su convaincre de son intérêt et de sa nécessité de par son public accueilli et ses méthodes pédagogiques, il lui reste à gagner le pari des orientations post bac pour ses bacheliers après la réforme 2018 de l'Université.