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Un Bac à "bout de souffle" pourrait laisser sa place à un Bac "nouvelle vague" en 2021 !
Edito Novembre 2017 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

 Le Bac est à bout de souffle et n'inspire plus confiance, tel est le diagnostic délivré à chaque projet de réforme abouti ou non depuis 1808 et de même en cet automne 2017 après un nouveau projet présidentiel porté par les Ministres de l'Education Nationale et de l'Enseignement Supérieur.
L'examen serait trop lourd, trop complexe et surtout inefficace, simplement réduit à une fonction symbolique, à un rite de passage, à une promesse de promotion sociale républicaine  qui se solde en réalité par la persistance d'inégalités sociales entre lycéens et un échec pour préparer les bacheliers à une poursuite d'études ou à une entrée dans la vie active.
Le Bac serait devenu un simple certificat de fin d'études secondaires délivré à tous avec des mentions qui sont données en grand nombre, avec un palmarès qui permet aux parents, aux élèves et à l'institution de marcher sur le tapis rouge du Palais des universités !

Le Bac est à bout de souffle, victime pour certains de sa démocratisation, de son ambition d'atteindre 80% d'une classe d'âge grâce à une multiplication des filières, des séries, des épreuves qui n'ont d'autres finalités que de gagner des points de moyenne sans mettre en évidence l'excellence... la sélection !
Les statistiques de l'Enseignement Supérieur témoignent pour ces procureurs de ces cohortes mal préparées, pas assez compétentes pour prétendre réussir un diplôme universitaire, il faut changer de paradigme !

Le Bac "nouvelle vague" devrait redonner confiance en débouchant sur une orientation positive et non par défaut, sur un accompagnement personnalisé avant et après l'examen en s'appuyant sur les attentes des universitaires et les besoins de la planète économique mondiale qui a comme défi de répondre aux nouveaux emplois de demain.
Ce Bac devra être un savant équilibre dans la transparence entre les possibles et les limites conjoncturelles de chacun  avec l'éclairage des experts chargés de rédiger les contrats de réussite individualisés, entre le "oui" et le "non" se place le "oui, si".
Il faut redonner sens au travail, accélérer les parcours de ceux qui peuvent et donner du temps aux autres qui seront conduits à opter pour des filières du secondaire, pour des formations du Supérieur à leur portée !
Les talents sont divers, chacun peut être premier de cordée mais pas la même, pas sur la même pente mais peut espérer changer d'équipe avec les acquis de son expérience !

Le Bac "nouvelle vague" devrait aboutir après une période de gestation sous "monitoring administratif et pédagogique" conduite par une Mission d'experts avec un coordonnateur chargé des auditions, des contacts avec les Directions des Ministères concernés sans oublier les visites sur le terrain, les déplacements à l'étranger... un rapport est attendu puis viendra le temps de la décision, simple ajustement technique ou bouleversement de l'architecture actuelle de la formation et de l'examen ? Quelle sera l'ampleur de la nouvelle empreinte ?
Le temps semble urgent mais contraint, telle est la première évidence mais au minimum trois ans en commençant par la classe de Seconde dès la rentrée 2018.

Le Bac "nouvelle vague" devrait être l'échéance d'une refondation pour permettre à chacun de choisir cette liberté d'évoluer dans son parcours général, technologique ou professionnel, d'opter ou non pour certains modules dans une grande souplesse allant jusqu'à supprimer les séries jugées trop étouffantes !
Il pourrait être fini des "menus" imposés pour aboutir à un système à la carte dépendant de l'appétit de chacun et surtout de ses appétences, une sorte de lycée modulaire déjà évoqué en 2009 avec des enseignements fondamentaux, d'exploration et d'approfondissement qui donnent davantage d'autonomie aux élèves et aux établissements.
Il pourrait être fini  d'un examen pléthorique de fin de terminale, seulement quelques épreuves sommatives et nationales, les autres en cours de formation.
Il pourrait être fini du classement social actuel des séries pour un même diplôme obtenu grâce à des unités de valeur (ECTS) acquises au cours des deux ou trois années par la validation des modules et préfigurant le choix universitaire.
Ainsi en ST2S, les programme de" Sciences et techniques sanitaires et sociales" avec ses pôles pourrait faire l'objet de plusieurs modules dans le cycle terminal,  préférés ou non par le lycéen selon qu'il envisage de poursuivre dans les secteurs de la santé, du social ou des organisations sanitaires et sociales.
D'autres enseignements en dehors du socle commun pourraient alors être impactés dans cette stratégie comme la Biologie humaine ou encore l'Histoire...

Le Bac "nouvelle vague" n'échappera pas aux querelles académiques, aux pressions des anciens et des modernes, aux enthousiasmes de ses supporters et aux accusations d'autres.
Comme le portail "APB" n'était pas responsable des dysfonctionnements universitaires (tirage au sort, échec en première année de faculté), le Bac n'est que la traduction de déterminants culturels et sociaux, de distinction recherchée ou de situation imposée, souvent subie. Le choix des modules pourrait remplacer celui des séries !

Le Bac "nouvelle vague" est aujourd'hui silencieux sur la filière technologique, sans doute une fois de plus cette discrétion traduit une méconnaissances et une absence de priorité des politiques éducatives, un embarras sur la proximité des publics et des orientations post bac avec la filière professionnelle.
Il est urgent  de revendiquer l'identité de nos séries technologiques  et de leurs ambitions dans l'écriture de chaque réforme !