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Hygieia et Panakeia : il est urgent de retourner aux humanités hellénistes !
Edito Octobre 2017 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

Il était une fois Asklepios (Esculape), fils du dieu guérisseur Apollon et d'une mortelle infidèle (crise des valeurs ?), Koronis.
Elevé par le centaure Chiron qui lui enseigna l'art de la guérison, il épousa Epione et eurent six filles et trois garçons avant d'être foudroyé par Zeus pour avoir tenté de ressusciter les morts en contrepartie d'importants honoraires (médecin non conventionné ?).
Deux de ses filles, Hygié et Panacée (déjà la supériorité intellectuelle du deuxième sexe ?) ont été associées ensuite à un culte qui s'installa à Epidaure au 6° siècle avant JC autour d'un temple et d'un théâtre fréquentés par de nombreux pèlerins qui accouraient de toute la Grèce pour trouver guérison et jeux (sanctuaire et/ou centre de bien être grâce aux eaux thermales et bains de mer avec casino ?).
Hygiéia devint après 420 av JC la déesse de la santé représentée par des attributs, un serpent (sujet de tentation?) et une coupe remplie de nourriture (bio ?), enseignant vigilance et prudence (éducation thérapeutique?). On l'appela Salus chez les romains, déesse du bonheur et du bien public, avant au Moyen Age de s'en remettre avec la chrétienté aux Saints Côme et Damien et plus tard à de nombreux autres comme Saint Jean Baptiste (addictions à l'alcool, aux drogues ?) ou Saint Pérégrin (cancer, sida ?)...
Panakeia, la soeur était aussi une déesse qui prodiguait aux hommes des remèdes par les plantes (une physiothérapeute végane avant l'heure dénonçant l'allopathie ?).
Le traitement se voulait universel (comme la CMUC ou encore le revenu de base ?) et entra dans le langage courant.
Il était une fois un serment d'Hippocrate rédigé autour de 440-360 av JC qui invoquait toujours les dieux mais qui réglementait pour la première fois les devoirs des médecins envers leur maître (mentor ou coach ?) et leurs malades (clients ou usagers ?).
Les médecins devaient diriger le régime des malades à leur avantage (gain ou perte de chances ?), exercer leur art dans l'innocence et la pureté, s'abstenir de tout mal et de toute injustice (déontologie médicale ?), taisant ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué (Secret médical contre Big blue ?)...

Il est aujourd'hui une médecine qui s'interroge toujours sur le principe de précaution, la prévention, l'éducation pour la santé, les traitements par les plantes ou les molécules, la gestion des risques sanitaires individuels et collectifs, la place du malade dans ce colloque singulier avec son médecin...
Il est des patients qui dénoncent les limites scientifiques actuelles, l'obligation de moyens et pas de résultat, leur destin mortel et d'autres qui s'en remettent à des thérapies alternatives plus proches de leur âme ou revendiquent le droit à leur mort active quand ils l'auront décidé.
Il est une offre médicale qui se réfugie derrière les dernières technologies liées à la transformation numérique, qui remplace les songes par des applis santé pour gérer les maux quotidiens parfois inavouables, désengorger les salles d'attente, répondre aux déserts médicaux et taire l'anxiété.

Il est aujourd'hui une offre médicale qui tente une synthèse entre une médecine de réparation d'organes et d'incitation comportementale pour le bénéfice du malade mais aussi de la dépense de soins face aux défis des maladies chroniques et du vieillissement de la population.
Hygié et Panacée conjuguent alors leurs talents pour convaincre le citoyen à devenir responsable de sa santé dans le cadre d'un protocole de médecine personnalisé avec l'appui d'objets connectés, d'un système d'information et de décision, de programmes de bonnes pratiques !
L'assuré est invité par des primes et plus tard par des sanctions morales et financières à surveiller son activité physique (sédentarité), son alimentation (excès d'alcool, de sel, de sucre, de graisse...), son hygiène de vie environnementale (ne pas contribuer à la destruction de la biosphère).
Hygié et Panacée doivent rappeler que la Lumière n'est pas celle de la consommation de masse, de la recherche du buzz médiatique, de l'alerte ou encore de l'argent et des substituts physico-chimiques contre l'altération physique ou mentale, le stress et l'épuisement professionnel mais celle de la plénitude entre nature et culture, de la démocratie directe et de l'équilibre entre corps et esprit.

Il était urgent de faire renaitre l'hellénisme dès la classe de sixième, de se réapproprier le monde ancien, les lettres classiques pour définir les fondamentaux de la médecine et au-delà de la vie sociale, le sens des civilisations et d'un temps long qui n'est pas celui du monde nouveau !

"Le bonheur consiste dans la vie heureuse et la vie heureuse, c'est la vie vertueuse"
Ethique à Nicomaque, I, 5
Aristote