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enfants : une rentrée 2017 comme les autres ?

Edito septembre 2017 - Association des Professeurs de Sciences Médico-sociales

Comme les précédentes rentrées scolaires, le Ministre chargé du dossier a présenté ses intentions politiques devant les médias et sur les réseaux, a donné une conférence de presse et a visité des écoles, les syndicats d'enseignants et associations de parents ont fait part de leurs observations et... les professeurs ont été conviés à une prérentrée !
Lors d'une assemblée plénière dans les lycées, les discours de bienvenue ont été prononcés, la liste des départs et arrivées égrenée, le rappel des travaux dans les bâtiments pendant les vacances dévoilé et enfin les emplois du temps distribués ou commentés. Le Proviseur a demandé le silence pendant qu'il s'exprimait, le Proviseur Adjoint de la compassion pour son investissement estival sur la gouvernance pédagogique, l'Intendant de la patience pour la réhabilitation des couloirs, les CPE de la vigilance sur les absences, le professeur documentaliste de la discipline pour les lycéens reçus dans ses locaux et les Conseillers d'orientation psychologues de la patience avant la publication de leurs horaires de présence au lycée...
Les professeurs principaux ont rappelé leur investissement pas toujours reconnu au service de la collectivité, notamment pour être les premiers à accueillir le lundi de la rentrée, à suivre les élèves toute l'année et les enseignants « normaux » ont noté sur leur Smartphone leur première heure de cours. La photo des professeurs a été proposée puis l'apéritif servi et parfois le repas partagé en commun pour ceux qui n'étaient pas pris au téléphone avec leur compagnon, à dicter leurs contraintes professionnelles de l'année pour définir à contrario celles domestiques !
Des files d'attente se sont formées ensuite l'après-midi devant le bureau du Proviseur adjoint chargé des emplois du temps pour supprimer les "trous", obtenir tous les voeux exprimés sur sa fiche en juin ou encore souligner les erreurs de salles, d'options...
Beaucoup sont repartis sereins, la majorité en songeant à leurs projets et autres préparations de cours pour la semaine prochaine, tous heureux d'avoir conversé avec la copine ou le copain de la discipline, de la classe car le travail, c'est aussi de la socialisation pour tous !

Comme lors des précédentes rentrées, les professeurs ont apprécié la continuité du service public, en particulier le calendrier scolaire et cette année le statu quo sur les programmes, les épreuves d'examen mais se sont inquiétés ou réjouis des "bruits" ministériels sur les changements à venir, encore une nouvelle réforme du lycée dès 2018, encore un nouveau bac en juin 2021 mais aussi plus de consignes de respect, de redoublements si nécessaires et d'exigences sur les évaluations terminales et de discernement sur les orientations dans le supérieur !

Cette rentrée pourrait ne pas ressembler aux autres, un peu comme un dernier vestige d'un savoir-faire éducatif dépassé dans son management et ses objectifs, ses querelles entre fondamentaux et pédagogisme, entre anciens et nouveaux... la ligne médiane, de confiance est celle de la cohabitation entre autonomie et respect des normes étatiques, entre retour vers l'effort et prise en compte des différents profils d'élève, entre formation pour tous et formation adaptée aux besoins et capacité repérées, entre langage numérique et langues anciennes, entre culture technologique et celle des arts et traditions !
La synthèse éducative attendue est celle de la « tablette » et de l’archet, du travail et de l’initiative créative , de l’investissement personnel et de l’attente institutionnelle !
L’effort doit redevenir le seul vecteur du mérite, de la reconnaissance de ses pairs et c’est pourquoi le bac sera « remusclé » afin de ne plus en faire un simple certificat de fin d’études secondaires mais bien une distinction permettant ou non de poursuivre à l’Université, de prétendre choisir par exemple des études médicales, juridiques ou scientifiques exigeantes.
On pourrait imaginer que les futures rentrées dans le Secondaire pourraient offrir, une double voie inspirée par les valeurs républicaines, celle générale, modulaire et celles professionnelle et technologique.
Ainsi l’entrée à l’Université ou dans certaines grandes écoles serait réservée aux séries du bac général et les instituts techniques supérieurs pilotés par les Régions aux titulaires des séries professionnelles et technologiques pour préparer un BTS, un DUT, un diplôme d'Etat ou encore une licence professionnelle. Toute voie serait évidemment d'égale dignité !
On ne parlerait plus de sélection mais d’orientation positive pour une meilleure gestion des deniers publics, pour éviter de leurrer des étudiants et leurs familles, pour l'intérêt des employeurs, pour la place de la France dans le monde ! Dans tous les cas la plateforme APB changera de nom et d'opérationnalité, ce qui est déjà un début !
"Il faut arrêter de faire croire", ainsi pourrait-on résumer les nouvelles consignes données aux formateurs et décideurs du système éducatif, la seule réussite est celle obtenue par son talent et son travail, pas par le hasard ou les déterminants sociaux !

C'est seulement en labourant que le champ devient fertile pour l'école et l'élève !